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Aujourd’hui en 2019, une antenne syndicale aussi renommée que la CGT n’hésite pas à recourir à des manœuvres qui tendent manifestement vers des dérives racistes. Une de nos plus vénérables institutions démocratiques se retrouvent à scander en chœur des termes qui renvoient à un mécanisme basique de déshumanisation (LAQHILA ….tête de rat) ; on préfère tronquer aux valeurs républicaines des caricatures avilissantes.

Le rapprochement entre ma personne et le rat – s’apparente à un procédé très prisé des idéologies extrêmes : l’ANIMALISATION. Fondé sur des stéréotypes a priori enfantins, cette pratique nourrit les préjugés jusqu’à verser dans diverses formes de discrimination telles que le racisme. Lorsque l’on me compare à un rongeur, on ne m’injurie pas simplement, on renie ma qualité d’être humain. C’est l’instrument privilégié de nos heures les plus sombres, l’outil de justification de l’injustifiable.

J’ai conscience que les personnes qui reprennent ces chants en chœur ne maîtrisent pas ces métaphores et leurs implications. Les meneurs qui les haranguent OUI … tout comme ils savent se présenter en martyrs. Ne nous trompons pas ; ce ne sont pas ceux qui menacent, qui intimident, qui contraignent…qui sont les « victimes ».

Je me résous aujourd’hui à porter une nouvelle fois plainte pour insulte raciale, car il me paraît indispensable de prévenir des dérives contre lesquelles ces mêmes personnes entendent faire front. Avouez que pour des défenseurs des Droits des travailleurs et par extension de l’Homme, une telle méprise est malheureuse … Ils alimentent de fait un engrenage des extrémismes, funeste à notre modèle démocratique, car par de tels propos le respect vole en éclat et le système sombre dans la barbarie des actes.

Monsieur Martinez, vous qui avez toujours préféré le débat à l’autoritarisme, je sollicite votre intervention afin que les représentants de cette antenne locale s’honorent à revêtir la tenue et l’état d’esprit d’un

véritable syndicat plutôt que de fouler aux pieds toutes les valeurs démocratiques qui nous érigent en société.

Ne me resservez pas les arguments de “syndicalistes venant discuter” et ne me légitimez pas leurs violences même par la violence qu’ils subissent ; car, au demeurant, il n’y a rien de syndicaliste à compromettre le débat d’idées en s’arrogeant le droit de déloger et de menacer des personnes engagées à faire bouger les choses, il n’y a rien de syndicaliste non plus à dénigrer l’humanité d’autrui sous prétexte d’une injustice à laquelle chacun tente de remédier.

Le syndicalisme prend fin quand il recourt à la violence. Quand il contraint il n’est ni innocent ni légitime. D’honnêtes travailleurs sur le fil du chômage, des citoyens dévoués chassés de leur réunion, des élus engagés publiquement salis sont les vraies victimes de ces prétendus martyrs qui déforment actes et paroles pour se donner une image aux antipodes de la réalité.

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